Le pont des touradons
J'ai croisé un instant,
Un éclat firmament,
Dans l'oeil majestueux
D'un taureau demi Dieu,
Et ce morceau de ciel,
N'a laissé que le sel,
D'un beau rêve éveillé,
Que je voudrais garder.
Au pont des touradons,
Le temps s'est arrêté,
Sur le bord d'un frisson,
En attendant l'été.
Comment vivre sans elle,
Ne pas lui rester fidèle,
Quand le moindre asphodèle
Toujours nous ramène à elle.
Lentement, tournoyant,
Comme des flêches d'argent,
Tout un vol de flamants,
Flirte avec les étangs.
Au pont des touradons,
J'ai vu comme un pardon,
Trois chevaux camarguais,
S'ébattre dans les prés.
C'est encore le printemps,
On a encore le temps,
De vivre intensément
En pays occitan.
Profiter sans partage,
De sa beauté sauvage,
Ou le mistral esquisse,
Un pas de danse et glisse.
Au pays des touradons,
J'ai cueilli trois chardons,
L'amour a ses raisons,
La Camargue est un don.
Erwens (Tous droits réservés. 2003)
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